Les tendances 2025 en imagerie dentaire : IA, CBCT basse dose, workflows 5D.

En 2025 l’imagerie dentaire évolue vers trois forces convergentes : l’intelligence artificielle pour l’aide au diagnostic, des protocoles CBCT optimisés pour réduire la dose, et l’émergence de workflows multi-modalités (souvent appelés « 5D ») qui lient volumes 3D, scans faciaux et information temporelle/clinique.

Cet article synthétique vous donne les éléments techniques, les preuves actuelles et des recommandations pratiques pour intégrer ces avancées dans votre cabinet ou laboratoire sereinement.

1) IA en imagerie dentaire : utilité réelle en 2025 (diagnostic, triage, quantification)

Ce qui change

Les algorithmes de deep learning (segmentation, détection d’anomalies, repérage de repères céphalométriques) ont atteint, dans de nombreux domaines, des performances comparables — voire supérieures dans des tâches limitées — à celles d’opérateurs humains sur des séries testées en laboratoire. L’IA permet aujourd’hui de :

  • détecter automatiquement lésions carieuses, résorptions, fractures radiculaires et pathologies périapicales ;
  • segmenter automatiquement os et structures anatomiques pour des mesures reproductibles ;
  • accélérer le pré-reporting radiologique, libérant du temps au praticien.

Ces progrès sont documentés par plusieurs revues et synthèses récentes sur l’IA en radiologie dentaire.

Limites et prudence

Beaucoup d’études sont encore in vitro ou sur datasets homogènes — l’applicabilité en pratique quotidienne dépend de la qualité/variabilité des images (appareil, protocole, artefacts).

Il est nécessaire de vérifier la traçabilité réglementaire et la validation clinique (CE/FDA selon marché) avant déploiement.

Recommandations cliniques

Utilisez l’IA pour le triage et la quantification (ex. mesure volumes osseux, repères céphalométriques) mais conservez la lecture finale humaine.

Si vous optez pour un module IA, exigez : un protocole d’entraînement transparent, sensibilité/spécificité publiées, et la possibilité d’exporter des rapports.

2) CBCT basse dose : preuves et choix techniques

Pourquoi la réduction de dose est devenue prioritaire

Les praticiens et les recommandations confirment qu’il est possible d’adapter les paramètres d’acquisition (kV, mA, taille du voxel, trajectoire de scan, modes pulsés) pour diminuer fortement la dose tout en préservant la précision requise pour la plupart des indications (implantologie de routine, évaluation anatomique pré-op).

Plusieurs études systématiques 2024–2025 montrent une performance équivalente sur mesures objectives entre protocoles basse dose et standard, avec des compromis principalement sur l’évaluation subjective (netteté fine, petits détails).

Techniques et technologies pertinentes

  • Balayage pulsé et modulation mA : réduisent l’irradiation en adaptant la dose au volume et à la morphologie (ex. certains appareils Ray/CMOS proposent ce type de mode).
  • Augmentation du voxel pour indications qui ne requièrent pas d'ultra-détail (ex. planification implantaire standard).
  • AI-based denoising : reconstruction par IA permettant de récupérer la qualité d’image après réduction de dose. Des revues 2025 montrent un intérêt prometteur pour combiner basse dose + post-traitement IA.
Impacts pratiques

  • Pour l’implantologie standard, privilégiez un protocole basse dose validé et documenté en termes de précision linéaire.
  • Pour l’endodontie (les lésions/mini fractures), conservez un protocole plus résolu, ou complétez avec scanner intra-oral ou CBCT haute résolution si nécessaire.

3) Workflows 5D : définition, promesses et limites

Qu’est-ce que le « 5D » en pratique ?

Le terme 5D est utilisé commercialement pour décrire des workflows multi-modalités : 3D CBCT + scans faciaux/photogrammétrie + données intra-orales (IOS) + temporelles/clinique (suivi dans le temps) — d’où l’idée de « 5e dimension » (dynamique/esthétique).

Exemples de solutions existantes : workflows iTero Element 5D, plates-formes Ray/face-driven qui fusionnent CBCT et images faciales pour planification esthétique/implantaire et communication patient.

Usages concrets

  • Esthétique & sourire design : aligner la planification implantaire/prothétique sur la morphologie faciale réelle.
  • Orthodontie/occlusie : intégration des scans intra-oraux et volumes CBCT pour mouvements planifiés et simulation dans le temps.
  • Communication patient : les modèles 3D/5D favorisent l’acceptation thérapeutique et la compréhension des alternatives.
Attention pratique

La qualité de fusion (CBCT ↔ photo faciale ↔ IOS) dépend fortement de la gestion des repères et des algorithmes d’alignement : exigez des démonstrations concrètes et des cas cliniques.

Le 5D augmente la richesse du dossier mais demande une orchestration logicielle (interopérabilité DICOM/STL/OBJ).

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